L'AIU contribue à la révision de la recommandation de l'UNESCO relative au personnel enseignant de l'enseignement supérieur

Façonner l'avenir des droits et responsabilités universitaires dans un monde en mutation

Au cours des trois décennies qui ont suivi l’adoption de la Recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur (1997), le paysage mondial de l’enseignement supérieur a connu de profondes transformations. Les progrès technologiques rapides, les inégalités croissantes, les défis climatiques et l’évolution des environnements d’apprentissage ont redéfini les réalités de l’enseignement et de la recherche. En tant que seule norme internationale consacrée aux droits, aux responsabilités, à la liberté académique et aux conditions professionnelles du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, la Recommandation de 1997 reste une référence essentielle pour les politiques et les pratiques à l’échelle mondiale. Consciente de la nécessité de garantir sa pertinence à long terme, l’UNESCO a lancé un processus de révision complet, dans lequel l’Association internationale des universités (AIU) joue un rôle clé.

Pourquoi réviser la recommandation de 1997 ?

La Recommandation de 1997 a constitué une pierre angulaire de l'enseignement supérieur, en établissant un cadre mondial pour la liberté académique, l'autonomie institutionnelle, le développement professionnel et les protections sociales. Cependant, le monde a considérablement changé depuis son adoption. Aujourd'hui, les établissements d'enseignement supérieur évoluent dans un environnement marqué par :

  • La transformation numérique, notamment l'essor de l'intelligence artificielle et les nouvelles modalités d'apprentissage

  • Le changement climatique et les évolutions démographiques, qui ont des répercussions sur la stabilité institutionnelle et les priorités en matière d'éducation

  • L'aggravation des inégalités et de la discrimination, qui affectent l'accès à l'enseignement supérieur et l'équité dans ce domaine

  • L'évolution des attentes de la société, qui accorde désormais une plus grande importance au développement durable et à la citoyenneté mondiale

  • Les pressions exercées sur la liberté académique, dans un contexte de tensions géopolitiques et d'évolution des modèles de gouvernance

Avec plus de 22 000 établissements d'enseignement supérieur agréés à travers le monde, la nécessité d'un cadre actualisé et adapté n'a jamais été aussi pressante. Cette révision vise à garantir que la Recommandation reflète les réalités actuelles, réponde aux nouveaux défis et renforce l'enseignement et la recherche en tant que professions respectées, protégées et collaboratives.

Le rôle de l'UAI dans le processus de révision

L'UAI contribue activement à cet effort historique en mettant en place un groupe de consultation international chargé d'apporter son expertise et des points de vue variés. Le groupe de consultation international de l'UAI comprend :

  • Haifa Jamal Al-Lail, présidente de l'université Effat, en Arabie saoudite

  • Peter Aronsson, vice-chancelier de l'université Linnaeus, en Suède

  • Henk Kummeling, ancien recteur de l'université d'Utrecht, aux Pays-Bas

  • Liviu Matei, directeur de la King's School of Education, Communication & Society (ECS), au King’s College de Londres, au Royaume-Uni

  • Pankaj Mittal, secrétaire général de l'Association des universités indiennes, Inde

  • Vincent Ogutu, vice-chancelier de l'université de Strathmore, au Kenya

  • David Quigley, vice-recteur et doyen des facultés du Boston College, États-Unis

  • Miki Sugimura, présidente de l'université Sophia, au Japon

  • Renée T. White, ancienne vice-rectrice de The New School (États-Unis) et membre émérite de l'AIU

  • Représentants du Secrétariat de l'UAI : Hilligje van’t Land, secrétaire générale ; Andreas Corcoran, secrétaire général adjoint ; Margaret Harris, chargée de la communication et des relations avec les médias.

Ces contributions serviront directement de base aux travaux du Groupe d'experts indépendants de l'UNESCO (IEG-97), l'instance chargée de rédiger la version révisée de la Recommandation.

Première réunion de l'IEG-97 en juin 2026

L'AIU est représentée au sein de l'IEG-97 par Sandra Regina Goulart Almeida, membre du Conseil d'administration et présidente de l'Université fédérale de Minas Gerais, au Brésil. Sa participation permet de garantir que la communauté mondiale de l'enseignement supérieur fasse entendre sa voix lors de la phase technique de la révision, qui a débuté en juin 2026.

Le processus de révision s'articule en trois phases :

  • Préparation (4e trimestre 2025) : analyse des données disponibles et recherche documentaire

  • Consultations techniques (2026) : réunions de l'IEG-97 visant à formuler des avis sur les révisions

  • Consultations officielles et adoption (3e trimestre 2026 – 4e trimestre 2027) : consultations des États membres, approbation par un comité spécial et adoption définitive par la Conférence générale de l’UNESCO lors de sa 44e session en 2027

Un effort mondial pour un cadre mondial

La révision de la Recommandation de 1997 s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large de l’UNESCO visant à actualiser à la fois la Recommandation de 1966 concernant la condition des enseignants et la Recommandation de 1997. Ce double processus tient compte du fait que les enseignants, à tous les niveaux — de la petite enfance à l’enseignement supérieur —, évoluent dans des environnements professionnels en mutation rapide.

La résolution 43 C/73 de l’UNESCO a appelé à ces révisions afin de garantir que ces instruments tiennent compte des défis actuels et renforcent l’enseignement en tant que profession respectée, protégée et collaborative. Ce processus met l’accent sur la transparence, l’inclusivité et une large participation, en offrant aux parties prenantes du monde entier la possibilité d’y contribuer.

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