Contributions de l'IAU à la Semaine internationale du numérique 2026 de l'Université Côte d'Azur
Du 22 au 26 juin 2026, l'IAU a eu le plaisir de participer à la 5e édition de la Semaine internationale du numérique de l'Université Côte d'Azur, en apportant son expertise et en animant des débats de fond sur les liens entre la transformation numérique, l'internationalisation et l'avenir de l'enseignement supérieur.
Une plateforme mondiale dédiée à l'innovation numérique
Organisée par l'Université Côte d'Azur du 22 au 26 juin 2026 sur le campus Saint-Jean-d'Angély à Nice, en France, la Semaine internationale du numérique a réuni des chercheurs, des enseignants et du personnel administratif, des décideurs politiques, des entreprises ainsi que des représentants de réseaux européens et internationaux. Cet événement de cinq jours a constitué une plateforme unique pour favoriser la collaboration mondiale, susciter des discussions enrichissantes et permettre l'échange de connaissances sur les dernières avancées en matière de transformation numérique.
Crédit photo : Université Côte d'Azur
Articulé autour de trois axes thématiques — « La transformation numérique dans l’éducation », « L’innovation numérique et l’entrepreneuriat » et « L’internationalisation au service de la société » —, cet événement a examiné comment les technologies numériques redéfinissent l’enseignement supérieur, favorisent le développement d’écosystèmes entrepreneuriaux et renforcent l’impact sociétal grâce à la collaboration internationale.
Contributions de l'IAU : faire face à l'incertitude avec détermination
Giorgio Marinoni, responsable de l'internationalisation, et Trine Jensen, responsable de la transformation numérique, tous deux experts de l'IAU, ont animé une série de sessions marquantes qui ont incité les participants à s'impliquer activement dans la construction de l'avenir de l'enseignement supérieur.
Conférence d'ouverture : Naviguer entre transformation numérique et internationalisation dans un monde marqué par l'incertitude
Dans leur discours d'ouverture, Giorgio et Trine ont posé les bases des débats de la semaine, en décrivant le contexte géopolitique, économique et technologique complexe auquel est confronté aujourd'hui l'enseignement supérieur :
Géopolitique : un ordre mondial multipolaire se dessine à mesure que la domination des États-Unis s'estompe, avec l'essor de la Chine et l'affirmation de l'influence régionale des puissances moyennes
Économie : après trois décennies de mondialisation, on assiste à une fragmentation, marquée par la montée du protectionnisme et la création de blocs régionaux
Politique nationale : la montée en puissance des mouvements d'extrême droite, nationalistes et illibéraux favorise le nativisme et la xénophobie, menaçant ainsi les institutions démocratiques
Évolutions technologiques : la transformation numérique et l'intelligence artificielle sont en train de transformer inévitablement le secteur de l'enseignement supérieur à tous les niveaux
Crédit photo : Université Côte d'Azur
Ensemble, ils ont retracé l’évolution tant de l’internationalisation que de la transformation numérique dans l’enseignement supérieur : l’internationalisation est passée d’une logique économique — axée sur la croissance, la compétitivité et la mobilité des étudiants — à une logique politique, où la géopolitique dicte les conditions de coopération, les gouvernements interviennent dans les partenariats et la rivalité académique stratégique entre les nations réduit l’autonomie institutionnelle. Parallèlement, la transformation numérique est passée de structures de soutien numériques — visant à comprendre comment les technologies peuvent soutenir les missions fondamentales — à des technologies capables d’imiter les humains, l’IA générative reproduisant désormais des compétences autrefois considérées comme proprement humaines, ce qui crée de nouveaux défis pour l’enseignement, l’apprentissage, la recherche et la gouvernance.
Surtout, Giorgio et Trine ont présenté deux pistes possibles pour l'avenir :
Piste A – Inclusive et durable : les universités s’engagent de manière proactive auprès des pouvoirs publics et s’adaptent aux réalités locales tout en préservant leurs valeurs académiques, favorisant ainsi une transformation numérique et une internationalisation humanistes, éthiques, inclusives et axées sur des objectifs concrets, qui contribuent à un secteur de l’enseignement supérieur plus équitable, au service de la société et du bien commun.
Piste B – Fragmentation et inégalités : les réactions passives face aux rivalités géopolitiques et aux évolutions technologiques risquent d’aggraver les clivages existants, de créer des écosystèmes de la connaissance fragmentés, d’accroître les inégalités et de compromettre le progrès scientifique commun.
Leur message était clair : les universités ne peuvent pas se permettre d'ignorer ces transformations. Il ne suffit pas de s'adapter : l'enseignement supérieur doit façonner activement la voie à suivre, en se laissant guider par une vision et non par les possibilités.
Table ronde : Équité et accès au numérique – Veiller à ce qu’aucun apprenant ne soit laissé pour compte
Trine a également présenté les résultats de la 2e enquête mondiale de l'IAU sur la transformation numérique lors d'une table ronde consacrée à l'équité et à l'accès au numérique. La 2e édition de cette enquête, qui sera publiée prochainement, a recueilli les réponses de 430 établissements répartis dans 125 pays et territoires, offrant ainsi un aperçu mondial sans précédent.
À propos de l'enquête :
La 2e enquête mondiale de l’IAU sur la transformation numérique est une enquête institutionnelle axée sur l’IA et la science ouverte, dont les données ont été recueillies en 2024 à l’aide de questions tant quantitatives que qualitatives. Elle a pour objectif de suivre les tendances mondiales, de comparer les résultats régionaux et de sensibiliser aux évolutions afin d’identifier les opportunités et les défis.
Les résultats de l’enquête ont mis en évidence à la fois les opportunités et les défis liés à la transformation numérique. Du côté des opportunités, les établissements ont indiqué que les technologies numériques favorisent l’accès, l’inclusion et l’équité en élargissant l’accès à l’enseignement supérieur et en favorisant l’inclusion d’apprenants issus de la diversité grâce à l’enseignement à distance. Les outils numériques renforcent également la résilience et la capacité à faire face à l’incertitude, en garantissant la continuité de l’enseignement en période de crise — qu’il s’agisse d’instabilité politique, de conflits ou de troubles —, ce qui permet aux universités de remplir leur mission, comme l’a démontré la pandémie de COVID-19. Toutefois, des défis importants subsistent, notamment en matière d’infrastructures et d’inégalités, allant de contraintes fondamentales telles qu’un approvisionnement électrique peu fiable ou une connectivité Internet limitée à la nécessité de politiques institutionnelles plus claires. Un accès limité à Internet ou des coûts de données élevés signifient également que les possibilités d’apprentissage numérique peuvent exacerber les inégalités, créant des disparités entre les étudiants disposant d’appareils et d’une connectivité adéquats et ceux qui en sont dépourvus.
La discussion qui a suivi a porté sur la manière dont les facteurs socio-économiques influencent les opportunités offertes aux apprenants dans différents contextes, en mettant en avant des modèles adaptés aux environnements disposant de peu de ressources et en abordant les responsabilités des établissements et des pouvoirs publics dans la lutte contre les obstacles structurels. La conversation a également porté sur les liens entre l'équité et l'intelligence artificielle, ainsi que sur le rôle crucial de la culture numérique pour garantir une éducation inclusive.
Atelier : Comprendre l'IA dans l'enseignement supérieur – Trouver le juste équilibre entre défis et opportunités
Animé également par Trine, cet atelier interactif a réuni les participants en petits groupes afin d’identifier les principales opportunités et les principaux défis liés à l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur. Les participants ont classé ces facteurs par catégorie et ont évalué ceux qui peuvent être traités au niveau institutionnel, par opposition à ceux qui échappent au contrôle direct des établissements individuels.
Cet atelier avait pour objectif de structurer et de clarifier les différents niveaux de défis et d'opportunités, afin de faire émerger une vision commune des domaines dans lesquels les établissements d'enseignement supérieur peuvent jouer un rôle significatif et stratégique pour façonner l'avenir de l'enseignement supérieur grâce à l'IA.
Atelier : L'internationalisation au service de la société et du bien commun mondial
Au cours de cet atelier, Giorgio a guidé les participants dans une réflexion collaborative sur l’impact de l’internationalisation sur la société, afin d’identifier les aspects positifs et négatifs du processus d’internationalisation, tant d’un point de vue général qu’au sein de leurs établissements respectifs. Les participants ont discuté de la manière de mettre en place un processus d’internationalisation au service de la société et du bien commun mondial, en identifiant des stratégies et des activités d’internationalisation adaptées, les défis liés à leur mise en œuvre, ainsi que les solutions possibles à ces défis. Cette session visait à sensibiliser les participants au fait que l’internationalisation n’est pas un processus neutre, mais qu’elle a un impact sociétal profond, et elle leur a offert l’occasion de partager leurs expériences en matière de réorientation de l’internationalisation afin d’en garantir un impact positif.
Perspectives d'avenir
La participation de l’AIU à la Semaine internationale du numérique 2026 a renforcé l’engagement de l’Association à favoriser le dialogue mondial sur les enjeux cruciaux qui façonnent l’avenir de l’enseignement supérieur. En présentant des données solides issues de la 2e enquête mondiale sur la transformation numérique, en animant des ateliers interactifs et en prononçant un discours d’ouverture qui a suscité la réflexion, l’AIU a réaffirmé son rôle de porte-parole de premier plan dans le débat sur la manière dont les universités peuvent — et doivent — façonner activement la transformation numérique et l’internationalisation au service du bien commun mondial.
Alors que l'enseignement supérieur traverse une période d'incertitude et de mutations rapides, les réflexions et les débats menés à Nice nourriront les travaux menés actuellement par l'AIU pour aider ses établissements membres à mettre en place, partout dans le monde, des systèmes d'enseignement supérieur plus inclusifs, plus résilients et guidés par une vision claire.
Crédit photo : Université Côte d'Azur